CaMiLLe

Ce n'est pas moi qui ai fait les voyages, c'est les voyages qui m'ont fait...

02 juillet 2008

Bamako --> Gao : Un voyage epique!!

Voici venu le jour légèrement redoute... et de raison!
1200 km à parcourir et niveau logistique, les bus au Mali : peut mieux faire!

Départ du bus prévu à 11h. A la gare, pendant que des mecs montent nos sacs sur le toit, en même temps que sacs de riz, charbon, chèvres et enclos à poules, d'autres changent les pneus... Et en attendant, on veut nous vendre un tas de trucs (a la Oliveira dans Tintin!) : tongs, éventails, montres, pains, maillots de foot etc...


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Midi c'est le départ. On s'installe dans le bus qui sur le coup nous fait plus penser a un four qui se remplit continuellement Il y a des gens partout dans l'allée, assis sur des bidons, de l'eau rouillée qui tombe du toit (sur la tête de Souk!), des sièges éponges de poussière et de sable rouge, le tout sur un fond de musique au volume ultra puissant!  C'est parti pour un trajet de 15h (du moins de ce qui était prévu!) A ce moment la, on ne sait pas dans quoi on s'embarque...

De ma fenêtre, je regarde passer le paysage. Au début, je kiffe. C'est si différent, tellement pauvre en fait... Sur le chemin emprunte par le bus, des gens errent le long de la route devant des stands de mangues, de pain, fabriques avec de vieilles planches ou une simple couverture a même le sol. Les femmes portent leurs enfants dans leur dos et un sceau ou un plateau sur la tête.
Les enfants errent aussi beaucoup. Je suis surprise par le nombre d'enfants, les 3 quarts des gens ont moins de 15 ans.

10h plus tard, pour la deuxième fois, on peut enfin sortir dehors et se dégourdir les jambes toutes endoloris par le trajet. On n'en peut plus. Il fait une chaleur à crever.
Plus le temps passe, plus on entre dans le désert, plus la vie se fait rare, plus les trous sur la route se font gros et plus je désespère en voyant sur la carte le peu de route parcourue...

Minuit : Nous voila à Mopti. (À peine la moitie du chemin). STOP, tout le monde descend.  Que se passe-t-il? On ne sait pas On sait juste qu'ils descendent nos sacs du toit, et seulement les notres! Seule info dispo : on doit changer de bus. Quand? Pourquoi? Comment? On ne sait pas! Alors on reste la et on regarde notre bus repartir dans l'autre sens.. On apprendra plus tard que nous étions les seuls à aller jusqu'a Gao, ce qui faisait faire un détour au chauffeur. Du coup, il a préféré nous laisser ici en espérant que le prochain chauffeur voudra bien nous déposer!

1h30 plus tard, toujours sur le même parking, un bus arrive. On se renseigne, ok on monte. Egal au précédent niveau confort sauf qu'on a perdu les appuie têtes et que cette fois, les sacs de riz et cages a poules nous sur les sièges et dans l'allée! Apres 5 minutes de route, de nouveau on s'arrête. Contrôle de police, ca durera 45 minutes!

8h30, après une nuit très moyenne, (mais 5h de route d'affilée! un record...) nouvel arrêt. On a presque pas dormi, quelques minutes par ci, quelques minutes par la entre deux trous dans la chaussée, entre deux crampes!
Donc on s'arrête tout le monde descend. Nous sommes à Boni, un tout petit village (même pas présent sur la carte), bien enclave dans le désert.  La pause s'allonge pendant deus heures (vous l'aurez compris, les maliens ne sont pas presses!)


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Mais la, c'est le drame... Ils descendent nos sacs! Un petit gout de déjà vu! On change de bus c'est ca???? Et ouiiiiii! Sauf qu'a Boni, il n'y a pas 36 bus par jour! On regarde notre bus repartir à nouveau en nous laissant la, sur le bord de la route en plein désert dans un cagnard impossible. Il est 10h15 lorsqu'on commence à attendre le fameux bus. Quand arrivera-t-il?? Bonne question!
De toute façon on a pas le choix!

 

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Heureusement, il y a quelques petites habitations sur le bord de la route ou vivent quelques touaregs qui nous accueillent gentiment. Les heures passent... pas de bus. Il est 13h on commence à avoir sérieusement faim vu qu'on a pu remplir notre estomac de seulement un peu de pain et d'eau depuis 24h. Nos hôtes fortuits nous servent une assiette de riz au gras moyennant 300CFA (env. 0.45euros). A l'heure où j'écris ces lignes, je suis toujours dans la cabane. Il est 14h30 et je n'ai jamais eu aussi chaud de ma vie!
45 degrés à l'ombre, personne ne peut bouger. Ni nous, ni les touaregs. L'air dehors nous brule le visage, on se liquéfie totalement sur place. Je rêve d'eau, je rêve de piscine, de mer, d'une douche.


 

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Ca fait 27h qu'on est partis de Bamako et je ne sais pas quand on verra enfin le bus tant attendu. Je commence à me demander s'il existe même ce fameux bus... J'hésite entre en rire ou en pleurer! Mais l'étrangeté de la situation nous rend tous complètement incrédules! On est en plein désert dans un minuscule village, assommes par la chaleur, accueillis par des touaregs, ces hommes vraiment impressionnants aux turbans bleus et noirs...


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Même jour, il est 18h. A cette heure, la vie commence doucement à reprendre. Les gens sortent car la chaleur devient un peu plus supportable. Il y a pleins d'enfants On se demande d'ou ils sortent! On se balade autour d'eux et on attire la curiosité de tous!

 

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21h Yes!!!!!! On voit des phares! Il était finalement pas imaginaire ce bus! On part en courant trouver dix places. C'était bien ambitieux! Le bus est littéralement BLINDE! Je n'ai jamais vu ca de toute ma vie! Sur les banquettes deux places, on y trouve minimum 3 personnes, voire 5 sur certaines. Dans le couloir, tout le monde est debout et c'est du corps a corps (imaginez le RER A a 18h un jour de grève... c'est pareil! mais dans un bus et pendant des heures!) Il fait au moins 50 degrés dans le bus. Au bout de 2 minutes, je commence à me sentir vraiment mal...j'ai la tete qui tourne, les jambes qui flageolent, je dégouline de sueur... et je garde en tete qu'il y a au moins 6h de trajet! Heureusement, le bus ouvre ses portes et l'air vient nous rafraichir le visage et nous rendre le sourire.
 
On se dit "plus que 6h et on est arrives, ca nous motive. Apres 35 heures, on est plus du tout a ca prés!
Sauf qu'encore une fois, c'était bien optimiste de notre part!! A 3h du matin, heure a laquelle on espérait arriver, le bus s'arrête. On coupe le moteur. Tout le monde descend... Non!!! Pas encore!!!! Les gens parlent tres fort en songhaï, semblent énervés, et de nouveau on ne comprend absolument rien a ce qu'il se passe! Je sors a mon tour et la, je vois le panneau GAO en face. Youpi! On est arrives! Mais non.... Barriere de police a l'entrée de la ville qui n'autorise personne à rentrer dans la ville la nuit (pour éviter une invasion des rebelles touaregs). Il faut donc passer la nuit ici! On est à quelques mètres de l'arrivée. La bonne blague...
 
A 6h30, après une "nuit" que l'on ne peut pas vraiment qualifier comme telle, le bus redémarre pour nous déposer 10 minutes plus tard à la station. Incroyable, nous y sommes! On peine a y croire, on cherche la feinte... (on doit changer de bus? on a crevé un pneu? On est pas à Gao?) Mais SI!! Ca y est.
Boubacar, notre correspondant, le directeur de l'école de Magnadaoue nous attend et voit descendre de la 10 blancs crevés, complètement sonnes, désespérés!
 
Résumé : 46h de voyage, 3 changements de bus, je ne sais combien d'heures d'attente.. --> Un voyage pleins de rebondissements et assez désespérant sur le coup mais finalement un souvenir assez drôle avec du recul (beaucoup de recul!)

Posté par camillebestoso à 06:07 - MALI : Mission solidarite - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


01 juillet 2008

Paris --> Bamako

C'est a 14h, dans le hall T2 de Roissy que je retrouve mes 9 équipiers pour décoller a 16h40. A priori, pas de panique on est largement en avance (oui car j'ai la fâcheuse habitude de louper mes avions...) On discute, le temps passe... oula faut y aller! Dans la queue de l'enregistrement, un bordel énorme. L'avion est plein, on a pas de sièges, nos sacs sont trop gros, trop lourds (pleins de bouquins, de jeux, de feutres et stylos), pas réglementaires, on perds un temps. L'embarquement a commence, on arrive a la PAF pour vérification des sacs et la, le sac de Mel contient des produits interdits en cabine. Il faut retourner a l'enregistrement Il est 16h20, l'embarquement va bientôt finir Mel part en courant et tout le monde part embarquer sauf Alice, Max et moi qui attendons son retour. "Embarquement dernier appel" Mel!!! Sprint jusqu'à la porte qui bien évidemment dans ce genre de situation est tout au bout du terminal!  C'est donc essoufflés et tout rouges qu'on parvient a monter dans l'avion! Petite montée d'adrénaline avant l'aventure! Pourquoi est ce que ça se passe toujours comme ça quand je prend l'avion???

8h d'avion plus tard, deux heures de décalage en moins, nous voici a Bamako. Il est 20h, il fait 35 degrés sur le tarmac. Ce bordel sous la tente de l'aérogare! Ça crie, ça pousse, ça bouscule, il y a des sacs partout. On arrive a récupérer nos sacs, enfin presque, Celia et Souk en ayant perdu deux dans la bataille.

Dehors, on recherche Bintou, la femme de notre correspondant local qui est censée nous accueillir. 2 heures plus tard, on se résigne, elle ne viendra pas... La foule autour de nous grossit au fur et a mesure que l'aéroport se vide. On nous propose tout un tas de services, taxis, hôtels, restaurants, change etc... on ne sait plus ou donner de la tête! On finit par suivre "Moussa le Magnifique" qui nous emmène dans l'auberge de son pote. On passera la soirée et une partie de la nuit sur son toit en sa compagnie et celle de ses amis avec guitare, thé et mangues...

Posté par camillebestoso à 05:46 - MALI : Mission solidarite - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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