CaMiLLe

Ce n'est pas moi qui ai fait les voyages, c'est les voyages qui m'ont fait...

29 novembre 2008

Ca sent la fin...

Et voila les tresses!

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Omar et moi

Classe avec les grands qui ne rameute pas grand monde ce matin : 2 élèves!  On fait tout de même un petit "contrôle" de géographie avec les deux téméraires et ils se débrouillent plutôt bien. Ils situent bien les continents; les pays frontaliers du Mali et les principaux pays du monde. Petite séance dominos et mikado avec eux en guise de récré puis on fait des mathématiques. Les opérations, divisions et multiplications, ça roule tout seul mais alors quand on attaque les problèmes, là c'est une toute autre histoire... il y aura matière à travailler dessus demain!

En fin de matinée, je comate sur la natte à l'ombre d'un arbre avec Alice qui à son tour se fait tresser par une femme du village.

Cet après midi, je suis très motivée pour faire pleins de jeux. Je pense que je réalise que la fin approche et que je dois profiter des enfants et d'être la le plus possible Alors on organise avec Alice un parcours de bille hyper sophistiqué dans le sable avec un pont, des slaloms, une rivière (et même un crapaud dans la rivière!) etc... Je crois qu'on s'éclate autant que les enfants a y jouer.

Puis, on les rassemble en cercle et avec un ballon de baudruche, on fait une bombe à eau qu'on se lance d'un bout à l'autre du cercle jusqu'à ce qu'elle pète. Certains se retrouvent mouilles, ça les fait beaucoup rire.
On sort ensuite les raquettes, ballons, cordes à sauter puis je prend une balle de tennis et pendant près d'une heure, je vais m'amuser avec eux a se lancer la balle. Rien de plus bête mais ils s'éclatent.


 

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La tomate...

 

17h, on est vidées! C'est l'heure de la pause mangue... c'est aussi l'heure du puit pour toutes les mamas du village qui se donnent rendez-vous la bas pour ramener l'eau. Elles viennent de très loin pour certaines et sont obligées de faire beaucoup d'aller-retours avec leurs seaux remplis pour subvenir aux besoins en eau de toute la famille.

   

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Et Max choisit ce moment pour laver ses dreads...

 
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Je me dis que dans deux jours je pars et ils vont me manquer ces petits. Ça va être très bizarre de quitter cet endroit. Après trois semaines, j'avais mes marques, mes repères, mes habitudes et même ma petite routine quotidienne avec l'équipe, les enfants et les villageois. Je suis quand même assez contente car physiquement, je suis très fatiguée, j'ai des vertiges sans arrêt, j'ai perdu pas mal de poids, la chaleur me tue toujours et le manque d'eau pèse... mais quand même, j'aime bien être ici.

 

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C'est un peu hors de l'espace comme endroit car on est totalement coupes du monde et dans un environnement diamétralement opposes a tout ce que je connais et c'est justement ça qui me fait le plus apprécier ce séjour.

 

Et puis il y a mes petits bouts. Certains m'ont vraiment marques ici - Omar bien sur, je me suis beaucoup attachée a lui -  un petit cancre espiègle et malin mais trop adorable, mais aussi Issouf, Isifir, Leila, Ibrahim, Saouda et bien d'autres... 

   

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Omar
   
 

Soirée sympa avec Alice et Max allongés sur la natte à observer les étoiles et se raconter nos vies entre deux gorgées de thé.

 

Posté par camillebestoso à 06:30 - MALI : Mission solidarite - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


02 novembre 2008

Prevention SIDA

Aujourd'hui est une très bonne journée et cette fois, on se sentira vraiment utile!
Le matin, je fais la classe comme d'hab aux grands. Je continue sur la géographie, j'adore explorer la carte avec eux, leur expliquer les continents, les langues, les cultures etc...

 

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La cour

 

A midi, je me sens très mal. Nausées, mal de ventre, gros vertiges, impossible de manger le riz. Je me rabat sur un bout de mangue, du thé et une sieste.

Cet après midi, c'est journée prévention SIDA. Grâce a Max qui a ramené 1400 préservatifs, on organise avec l'aide de Boubacar une sorte de "conférence" dans l'école avec tous les gens du village et les jeunes pour parler du SIDA. A 15h, les gens commencent a arriver et a s'installer. La salle est pleine et il y a même des gens debout et aux fenêtres. Il y a des jeunes a partir d'environ 13 ans et des bien plus âgés, 50, 60 ans même, hommes et femmes. Le souci est qu'ils ne parlent pas français alors Boubacar fera la traduction pendant que nous parlons. Avec Alice, on avait prépare la conférence. En gros, elle était en plusieurs points :

- SIDA : définition virus et maladie, puis statistiques (dans le monde, puis en Afrique et au Mali)
- Transmission
- Dépistage
- Protection

    
La conférence commence, ça marche très bien Boubacar traduit après nous. Les gens ont l'air intéressés et écoutent. Moi je présente toute la partie sur les modes de transmission du virus (voie sanguine, sexuelle, grossesse etc...), les symptômes de la maladie et les fausses idées reçues (non le sida ne s'attrape pas par la salive, ni en serrant la main etc... bref, ce n'est pas un prétexte d'exclusion sociale!)

Plus on avance dans la conférence et plus les gens sont gênés. Surtout les jeunes qui sont rassembles avec des plus vieux, car on évoque un sujet très tabou, surtout entre les différentes générations. C'est surtout quand on arrive a la démonstration comment mettre un préservatif que la gène générale atteint son apothéose! Comme évidemment personne ne veut faire la démonstration, c'est Alice et moi qui nous y collons! Et avec une batte de base-ball en plus! On fait avec les moyens du bord... Ça fait beaucoup rire l'assemblée en tout cas et même Boubacar qui est mort de rire en traduisant derrière nous!
(J'ai une vidéo de cette fameuse démonstration publique avec une batte de base-ball, jme tâte encore a la mettre en ligne...!)

Au bout de deux heures de conférence, on a finit de parler. Arrive maintenant le moment des questions. Comme ça peut gêner certaines personnes (et par la j'entends surtout les jeunes) de poser des question a voix haute devant tout le monde, on distribue des papiers et stylos pour des questions anonymes auxquelles nous répondrons oralement.
   

J'hallucine totalement sur la nature des questions posées. Ça évoque tout de suite la désinformation et l'ignorance qu'ils ont sur ce sujet. Parmi les questions, il y a "peut on attraper le sida en mangeant avec une personne seropositiveseropositive?" (car je rappelle qu'au Mali, on partage le plat avec les mains), ou encore "je n'ai pas compris le préservatif", " le sida est-il le mal du siècle?" Autant de questions auxquelles nous tentons de répondre le mieux possible et le plus clairement possible surtout.
A la fin de la conférence, on distribue a tout le monde des préservatifs et les gens sont vraiment contents.


C'est une vraie réussite et on ressort de la avec un réel sentiment de satisfaction. Ça fait du bien après les quelques déceptions qu'on a ressenti par rapport a Boubacar et aux enfants. On peut dire qu'il a su se rattraper aujourd'hui car il a assure en étant présent durant toute la durée de la conférence et en traduisant tout ce qu'on disait sur le SIDA, ce qui n'est pas forcement évident pour un homme de son statut dans le village de parler de ça devant tout le monde.

Ça me tenait vraiment a coeur de réussir cette opération de prévention et je suis ravie du résultat. C'est pas facile de parler de sexe, de rapports et de protection a des hommes  musulmans de 50 ans, des femmes et des enfants qui ne parlent pas la même langue.

 

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La fin de journée arrive très vite ensuite et se terminera en sorte de psychose envers les insectes et les serpents qui sont tous sortis de leur trous a la tombée de la nuit a cause de la tempête d'hier...

Max voit un serpent venimeux et crie Moussa a l'aide qui le tuera tout naturellement a coup de pierres. Pendant le dîner sur la natte, ça grouille d'insectes. des moustiques, des araignées, des papillons, des cafards qui tombent dans le plat. On les sent partout sur nous, c'est insupportable. Moi qui avais très faim, je ne mangerai rien du tout. D'un coup, je vois Boubacar bondir sur notre natte avec sa tongue et assener de gros coups. Il y avait un joli petit scorpion... Aaaaah c'est l'horreur, on est tous mort de rire mais ce n'est que nerveux! J'ai perdu ma lampe de poche et je ne peux donc pas vérifier autour de moi si je n'ai pas de la visite alors pour me rassurer, j'emprunte celle de Souk et inspecte mon périmètre de sécurité jusqu'à.... aaaaaaaaaaaaaahhhaaaaaaaaaaaaaahhh je bondis d'un coup et j'ai a peine le temps de crier que Boubacar est déjà la avec...sa tongue! Un autre scorpion! Il répète la même scène précédente avec toujours le même sang froid et la même indifférence et part de recoucher directement sur sa natte comme si de rien n'était!
Et nous, on se sent pas très bien...

On passera la fin de la soirée avec Yehia et Moussa - ça nous rassure de les avoir avec nous! - et bien sur le fameux thé et l'équipe des couche tard.

 

Posté par camillebestoso à 01:17 - MALI : Mission solidarite - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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