!Lundi dernier était le Keirō no Hi, le jour des personnes âgées, férié au Japon.
On en a donc profité pour aller voir le tournoi de sumo à Tokyo. Des tournois, appelé ici Hon-basho, il y en a tout au long de l'année durant deux semaines les mois impairs, à Nagoya, Osaka, Fukuoka et Tokyo.
J'avais raté les deux derniers dans la capitale donc je tenais vraiment a aller voir celui là. C'est chose faite et j'en suis ravie! Encore une fois c'était une journée vraiment cool.

Ça a duré toute la journée et c'est passé vraiment vite. J'avais peur d'en avoir marre après une ou deux heures et bien loin de là, j'aurai pu continuer a regarder encore un moment. Je ne connaissais absolument rien de ce sport en arrivant. Yusuke et Kaji m'ont éclairé sur plusieurs points et du même coup, ont rendu les matchs encore plus intéressants.
Pour la forme, je vais vous exposer les maigres connaissances que j'ai acquises grace à eux :

Chaque tournois durent deux semaines et les sumos luttent entre 7 et 15 fois selon leurs rangs. A la fin de la compétition, la victoire est attribuée à celui qui a remporté le plus de combats.
Chaque match est hyper rapide et il arrive même qu'ils durent moins de deux secondes. Mais les tous les rites traditionnels qui entourent les combats rendent la chose beaucoup plus longue et bien souvent, ils passent plus de temps à se taper sur les cuisses et à se saluer qu'à vraiment combattre!
Avant l'affrontement, les lutteurs font le shiko : Ils chassent les esprits en frappant le sol avec les pieds, après les avoir levés très haut . Puis, le kiyome no shio : en signe de purification, ils prennent une poignée de sel et la lance sur la zone de combat.
Ensuite, les sumos accroupis face à face touchent le sol avec les mains pour accepter le combat, et au signe de l'arbitre, ils se jettent littéralement l'un sur l'autre. A partir de ce moment, ca ne dure que quelques secondes. Le but est de faire sortir l'adversaire du dohyo ou de lui faire toucher le sol avec une autre partie du corps que les pieds.

 

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La zone de combat s'appelle le Dohyo et mesure environ 4,5m de diamètre. Au sol sont tracées deux lignes blanches qui indiquent l'emplacement de départ des lutteurs.
Les rikishi (les sumotoris, littéralement "professionnels de la force") ne sont vêtus que du mawashi, cette bande de tissu, tout sauf sexy, qu'ils attachent autour de la taille et entre les jambes. Ils sont aussi tous coiffés d'un chignon, cheveux laqués en arrière. Ils doivent d'ailleurs garder les cheveux long pendant toute leur carrière. A la fin de celle ci, ils passent par une cérémonie dont j'ai oublié le nom et durant laquelle, le chon mage (chignon) est coupé.


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Changement de catégorie, les lutteurs viennent saluer

 

A l'entrée du Ryogoku Kokugikan, le centre où se déroule la compèt, il nous est remis un papier avec l'ordre de passage des lutteurs et les informations a leur sujets. Plus l'heure tourne et plus les combats sont importants. Ils commencent à 8h du matin et finissent à 18h. Les rishikis sont bien entendus pour la plupart japonais mais j'étais étonnée de voir qu'il y avait tout de même beaucoup d'étrangers, surtout des mongols, correens et des chinois. Il y avait aussi quelques européens, lithuaniens, géorgiens, russes et un bulgare apparemment très connu dans le monde du sumo. j'ai bien évidemment oublié son nom! La plupart pèsent environ 150 kg, le poids idéal apparemment pour assurer stabilité et souplesse mais il y en un qui pèse 268kg. Je peux dire qu'on le reconnait direct.

 

Ce jour là, on est donc arrivés, Pau, Yusuke, Kaji et moi à Ryogoku sur les coups de 13h (faut pas abuser, c'est jour ferié quand même!). On a commencé par aller chercher Mc Do qu'on a mangé dans la salle devant les matchs. Comme ca dure toute la journée, tout le monde mange son bento et boit des bières (n'oublions pas qu'on est au Japon, la bière est une philosophie).


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Yokozuna Hakuho, le grand champion de sumo qui monte sur le dohyo acclamé par les spectateurs
 

En tout cas, après cette journée, je peux dire que je respecte les sumos plus que jamais. Et je dois même dire que j'ai été assez fascinée par l'intensité de certains combats, la violence soudaine et pourtant très éphémère des lutteurs, la façon dont ils se font face en se ceinturant leur masse respective et dont le moindre faux pas les amenera à la défaite.
Et surtout, je mes suis bien rendue compte que ce ne sont pas que deux gros qui se battent. et se poussent. Ce sont plutôt deux énormes masses de muscles (bon ok et de graisse...) surentrainées qui luttent selon des techniques et des rites très traditionnels. Bref, j'ai été conquise!


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J'ai pris des videos de certains combats, malheureusement je n'avais plus de batterie pour le dernier, le plus interessant mais en voici une pas mal pour se rendre compte de façon dont ils se battent (on entends surement nos commentaires en fond où l'on pariait sur le gagnant...)


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Evidemment, on était obligés...