11 janvier 2009
Silent noise
Pour notre dernière soirée a Goa, on est allées a une fête sur la plage. Décor forcement très sympa, des bougies sont dispersées un peu partout sur les rochers, des lumières lasers vertes et bleues illuminent l'endroit, des cracheurs de feu viennent tour a tour faire leur show. Deux DJ's sont perchés en haut d'un rocher et deux bars improvisés sont installés sur le cote.
La fête avait un concept très particulier mais vraiment génial : silent noise : il n'y a pas de musique sonore. Je m'explique : Chacun loue un casque qu'il doit mettre sur sa tête pour avoir le son. Le casque est pourvu de trois chaînes : 1 pour chaque DJ (house et électro) et une playlist un peu plus calme.
Lorsque l'on arrive a 22h, il y a déjà beaucoup de monde et on voit des dizaines de personnes danser et se déhancher, mais on n'entend pas la musique. On voit les deux DJ qui mixent, lèvent les bras et sont a fond mais aucun son n'est audible. On se dépêche de chopper un casque et de rejoindre la "piste" et c'est parti pour des heures... C'est vraiment chouette comme concept, on choisit sa musique, on dérange personne par le bruit, et si on peut parler tranquillement si on enlève le casque. Il y avait évidemment beaucoup de touristes et je soupçonne beaucoup de drogues a voir la façon de danser de certaines personnes...! Il n'empêche qu'on s'est vraiment bien éclatées avec nos 4 allemands et quelques français qu'on a croisés sur place. A refaire!
Dernière bonne soirée a Goa, maintenant je suis pressée d'aller voir ailleurs.
10 janvier 2009
Let's go a Goa!
15h même jour : Bus jusqu'a Goa (environ 500 km au sud de Bombay sur la cote). Le trajet dure soit disant 10-12h... En fait, je vais vite m'apercevoir que la ponctualité indienne est a peu pres identique a celle des maliens. On mettra 20h!
Les trois banquettes arriere du bus sont rassemblées par les backpackers en quete de vacances a la plage. On fait la connaissance de 5 suédois, très sympas mais complètement déjantés, et de 4 allemands. Les trois premières heures de trajets sont consacrées a tenter de quitter Bombay, ville qui n'en finit pas! Le trafic est impressionant, bien pire que Paris en heure de pointe, moins tous les feux et priorités qui regissent un peu la circulation, et plus les tuk tuk et les mobylettes partout et les pietons sur la route! Et pendant qu'on roule au pas, on fait connaissance avec nos voisins et les hindous autour. Les suédois sortent bières, whisky et je ne sais quel alcool et font touner les bouteilles dans tout le bus. L'ambiance monte, au meme rythme que les décibels augmentent. L'un d'entre eux se met a danser et a chanter dans le couloir du bus, tout le monde rit, c'est assez sympa.
En fin de matinée le lendemain, après avoir peu et mal dormi, on arrive enfin a la gare de bus de Goa. De la, on reprend un bus local puis encore un autre pour arriver vers 13h a Pallolem Beach, notre destination finale, un petit coin de Paradis...
On trouve avec Audrey un petit cabanon sur la plage pour une poignée de roupies (150 la nuit, soit environ 2 euros) et les 4 allemands occupent ceux d'a cote.
Notre cabanon
Et notre plage... enface du dit cabanon
C'est parti pour 4 jours de farniente. Le soleil tape fort; plage, resto, fruit, balade et peche sont nos activités quotiennes. Je retrouve les pineapple shake que je buvais sans cesse en Asie avec Julie et on goute les lassis (sorte de smoothies), on devient de suite accro. Pallolem beach est une plage d'un kilomètre de long bordeé de palmiers et de petites huttes et restaurants. Les couchers de soleil sont magnifiques, les poissons au BBQ délicieux et la température de l'océan une merveille...
Notre bande franco-allemande
Cela dit, l'endroit reste très très touristique et tres surfait. On est bien consciente qu'on ne voit pas vraiment l'Inde de cette facon. Mais bon, c'est quand meme quelques jours de bonheur... Demain soir (dimanche), on prendra le bus pour Hampi ou on retrouvera, j'espère, le cote bien plus authentique de l'inde.
09 janvier 2009
1er reveil en Inde...
9h, on nous apporte le petit dej au lit. On s'était endormies avec la rue adjacente désertée, toute calme et occupée uniquement par les chiens errant (qui, au passage, ont hurle toute la nuit) et on se réveille dans un brouhaha du dehors qu'on avait pas prévu. Par la fenêtre, ça grouille de monde, de passage de trafic.
Après café, douche, on descend dans le lobby et le gérant nous invite a s'asseoir avec lui. Arrive ensuite un homme, un de ses amis je présume, qui s'installe et nous raconte un peu sa vie. Il revient de 10 ans passées en Himalaya ou il a apprit la méditation et a lire dans les mains le pouvoir spirituel des gens... C'est ainsi que commence pour moi une séance de révélations un peu choquantes sur mon MOI spirituel...
J'apprends entre autres que trois personnes qui sont passées dans ma vie ont introduit en moi une force diabolique et l'énergie du mal. C'est pas fini. J'apprends également que je suis a la recherche de quelque chose que j'ignore sans réussir a la trouver et que je continuerai toujours a la chercher en vain. Il me dit aussi que je suis faite pour le travail social et aider les autres et que je ne vivrai pas ma vie pour moi. Pour couronner le tout, je dois selon lui faire très attention d'ici le mois d'octobre 2009 au feu, aux eaux profondes et a la vitesse en voiture car j'encours un risque d'accident!
Vient ensuite le tour d'Audrey qui a droit a un bilan bien plus positif que le mien : son coeur est ouvert aux autres, elle aura une vie de famille très heureuse et épanouie.
On remonte dans la chambre pour poser nos affaires et ce "gentil" monsieur vient frapper quelques minutes plus tard. Il est la dit-il pour s'excuser s'il m'a fait peur et il veut m'aider a me débarrasser du mal qu'on a introduit en moi. Pour ça, il me faut un massage spirituel suivi d'une douche. Le massage consiste en concentrer mon esprit sur des périodes précises de ma vie pendant qu'il me masse pour extraire les impuretés. Mais pour cela, il faut que mon chacra au nombril soit ouvert et prêt pour l'operation. Il appuie très fort sur mon nombril, ça me fait mal, ça veut dire que c'est prêt. Pour me le prouver il fait la même chose a Audrey, ça ne lui fait pas mal. Il insiste sur le fait qu'il ne demande aucun sous et qu'il fait ça uniquement pour m'aider.
Je ne crois pas en sa théorie et je suis beaucoup trop sceptique pour accepter. Cela dit, par curiosité j'hésite a dire oui... Mais ça peut prendre plusieurs heures et franchement, j'ai beaucoup plus envie d'aller me balader en ville que de me faire faire un massage spirituel par un gourou indien que je ne connais pas! Alors je décline son offre de la manière la plus diplomate possible et on part en promenade dans les rues de Bombay.
Dans la rue, ça grouille de partout, de piétons, des échoppes de tout et rien sur le trottoir, des tuk tuk et des mobylettes qui klaxonnent sans arrêt et qui doublent dans tous les sens. On se sent dévisagées par tout le monde, hommes femmes et enfants. On ose quelques sourires timides qui sont toujours rendus. Des écolières en uniforme viennent nous serrer la mains, d'autre petites filles viennent s'accrocher a nous pour de l'argent. Elles me touchent les pieds, me tirent le t-shirt, elles m'agrippent la main, me pincent le bras et le dos et nous suivent pendant plusieurs mètres.
Cette infime partie que l'on voit de Bombay est un tourbillon d'images et de parfums. Parfums mélangés d'encens qui brûlent dans toutes les échoppes, senteurs de cuisine et de friture des boui-boui le long de la route, odeurs de déchets qui flottent dans les égouts sur le cote de la chaussée, de buffles qui se baladent ici et la, et des gaz des pots d'échappement. C'est une véritable jungle urbaine organisée que l'on découvre au fur et a mesure de nos pas et encore, nous ne sommes pas dans le centre de Bombay, on imagine pas ce que ça peut être la bas... Il fait très chaud, on s'arrête prendre un thé massala dont on devient de suite fan! C'est l'heure pour nous de retourner a l'hôtel pour nous rendre a la gare de bus. Cet après midi, on part pour Goa...
08 janvier 2009
Paris --> Bombay
4h30, le réveil sonne, en route pour l'aéroport. A Roissy, c'est tout un bazar. On attends très longtemps a l'enregistrement, puis a la PAF et l'avion prend du retard a cause du gel et du verglas. On arrive a Londres avec 1h30 de retard. C'est très chaud pour la correspondance. On passe devant tout le monde (c'est la l'avantage) aux différentes queues, l'embarquement a déjà commence et on doit prendre une navette pour aller dans le bon terminal. On arrive enfin essoufflées a la porte, c'était limite mais on est dedans!
8h de vol plus tard, nous y voici. Il est 1h du mat a Bombay. On prend un taxi jusqu'à une auberge et commence alors une longue séance de négociation pour le prix de la chambre et des billets de bus pour nous rendre a Goa demain. Car on a décidé de ne pas rester a Bombay mais d'aller de suite trouver le soleil et la plage a Goa, on s'occupera de la capitale au retour.
Les premières images de la ville me rappellent de suite l'Asie du Sud Est, les odeurs et l'humidité. Il est 3h, on est KO, le reste on verra demain.
20 décembre 2008
Le Mali, c'est fini...
C'est comme ça que s'achève cette aventure...
Une aventure tellement loin de ma vie, des mes habitudes que c'est un peu comme si c'était pas réèl... Une situation, un endroit, un contexte qui bouleverse tous mes repères et à tous les niveaux : culture, confort, rythme, nourriture, climat etc..
La bas, tout ce qui n'est pas essentiel est superflu et on est heureux quand on est ensemble.
La notion d'individu n'existe pas. Elle est même totalement substituée au profit du groupe. C'est assez troublant pour moi qui vit dans une société de surconsommation! Ça fait réfléchir quand même...
Les enfants ne râlent pas. Ils ne font jamais de caprices ni ne jouent la comédie. Il ne se plaignent pas et ils peuvent tomber, s'écorcher, se faire mal mais ils ne pleurent presque jamais. C'est quasiment un autre monde...
De plus, ils sont peu affectueux. C'est rare d'avoir un câlin de leur part ou des bisous. Ils sont très vite mis à contribution au travail de la famille, les garçons aux taches manuelles, construction et autres et les filles pour décharger la maman de toutes les charges qui lui incombent : puiser l'eau du puit, faire à manger, tout ça en s'occupant aussi des petits frères et soeurs.
Bref, c'était tellement loin de ce que j'ai toujours connu que pour moi c'était un peu un mois hors du temps et hors de l'espace. Tellement différent que parfois presque irréel. Mais c'était aussi une super expérience Il y a eu des hauts et des bas, mais quand même beaucoup de découvertes, beaucoup d'échanges, de rencontres et de dépaysement, et des très bons moments partagés avec les enfants, le groupe, les villageois et définitivement pour rien au monde je ne regrette et oui, si c'était à refaire je le referai!
Donc maintenant, le Mali c'est fini, pas dans ma tête bien sûr, je garderai bien longtemps cette expérience en moi, mais en attendant, j'ai deux jours pour me retourner et me guérir un peu avant de repartir pour une nouvelle aventure à Orléans (tout de suite ça fait moins rêver!) J'endosse un nouveau rôle dans un nouvel endroit, avec un nouveau groupe : je vais être animatrice dans un centre de vacances pour adultes déficients. Nouveau challenge, je n'ai absolument aucune expérience dans ce domaine mais je pense pouvoir m'adapter. Le thème de séjour qui plus est ne m'est pas désagréable : voyage autour du monde... (culinaire et costume)
Et pour le prochain récit de voyage, RDV en Janvier pour mon nouveau trip : l'Inde du Sud à vélo!! :-)
Retour à Bamako
12h de bus plus tard, nous revoilà là où tout a commencé : à Bamako. Dans deux jours, nous repartons à l'aéroport direction Paris.
A la gare de bus, Bintou, la femme de Boubacar est venue nous chercher et nous ramène chez elle. On fait la connaissance de sa famille, ses soeurs, ses frères et leurs femmes, ses enfants (et donc aussi les enfants de Boubacar) qui sont très très beaux.
On est cassés en 4 et on ne pense qu'à une chose : se laver, manger et dormir! C'est exactement ce qu'on va faire.
Durant la première journée à Bamako, on ira explorer un peu la capitale, marcher encore beaucoup, se perdre dans les rues, et se reposer car on commence à être tous malades, moi la première.
On passera aussi une bonne soirée dans un petit restaurant et comme le monde est petit, on croise un mec avec qui on avait parlé un mois auparavant à l'aéroport de Paris CDG et qui partait aussi en mission un peu atypique : à la recherche de conteurs maliens! Donc il est dans ce petit restau aussi et attend de partir dans quelques heures prendre son avion de retour. On se raconte un peu nos expériences réciproques, on rigole bien, on mange bien.
Le soir, en rentrant, je me sens mal. Les autres rentrent à pied mais je ne peux pas. Je choisis l'option bus. Ça n'allait pas très bien déjà avant et je commence à avoir de gros vertiges, j'ai mal à la tête, mal au ventre. En arrivant chez Bintou, je pars vomir... Puis commence la pire nuit de ma vie. Il fait 30° et j'ai froid. Par terre sur ma natte, je m'allonge avec un pull et deux sacs de couchage et j'ai toujours froid. J'arrive pas à dormir même si je me sens épuisée.
je me réveille en sueur et là, j'ai une montée de chaleur énorme, je transpire, j'ai de la fièvre. Je reprend un cachet mais je pars le vomir instantanément! Alice est aussi malade. On passe la nuit toute les deux à faire des allers/retours aux toilettes.
La nuit passe très très lentement et je crois que je n'ai jamais été aussi malade. Je n'ai aucune force.
Le lendemain est encore pire. Je passe la journée allongée, je ne peux rien avaler. Tout le monde repart explorer la ville mais je reste là. Ma tête va exploser à chaque pas que je tente de faire, je transpire et la fièvre me lâche pas. Je n'ai maintenant qu'une hâte : rentrer. Heureusement, on doit partir le soir même pour l'aéroport mais la journée me parait une éternité.
Finalement, arrive l'heure de partir, je loque à l'aéroport surclimatisé sur trois chaises en me pelant de froid. On doit se lever pour embarquer et dans la file pour passer les portes, je suis tellement affaiblie que je n'arrive plus à me tenir debout. Ma tête tourne, je vois des points... je m'effondre.
Dans l'avion là ça va tout de suite mieux. Il fait bon, j'ai une couverture, on me sert un thé et je parviens même à manger un peu. Je ne ressemble à rien, et j'imagine la tête de ma mère en me voyant à l'aéroport! (et je ne m'étais pas trompée... je crois qu'elle a flippé!)
15 décembre 2008
Réveil très très matinal puisque la prière commence à l'aube et la mosquée est à seulement quelques mètres...
Au petit déjà : galettes de mil avec du sucre
On part faire le tour du village d'Ende, il ressemble un peu à tous les autres villages qu'on a visité ces derniers jours et toujours, les femmes travaillent dur à piler le mil des heures durant
Je fais encore quelques achats, je ne peux pas m'en empêcher! L'art dogon est vraiment spécial, les tissus sont très travaillés, c'est impressionnant. Le bois aussi, ils font des superbes masques, et j'achète aussi des statuettes, un tabouret et une chaise! En gros, je m'offre un nouveau salon!
On repart de nouveau pour une nouvelle marche de 8 km pour retourner au village de Teli, puis encore jusqu'à Kani Kombolé. Il fait super chaud et on commence à être chargé! On a tous acheté pleins d'objets et maintenant, il faut porter!
Souk qui a mal aux pieds et qui n'en peut plus de marcher paye un âne et nous suit en charrette! Du coup, on se débarrasse tous de nos sacs et tout notre bazar dessus.
Les enfants de Teli
Le taxi nous attends à Kani Kombolé pour nous amener à Sévaré où on prendra le bus pour la dernière ligne droite : Bamako. Un autre long voyage...
14 décembre 2008
18 km de paysage à pied!
Deuxième journée de notre petit voyage en pays dogon. Beaucoup de km, beaucoup de paysage, beaucoup de photos. Résumé en images :
Réveil bien matinal sur les toits...
... par les femmes du village qui pilent le mil à une cadence très rapide.
On commence par saluer le chef du village en lui offrant des fruits pour nous remercier d'entrer dans son village
Petit tour dans le village de Kani Kombolé...
Puis, on part pour une petite marche jusqu'au prochain village dogon : Kani Bonzo.
Pour y arriver, on longe la falaise dogon qui abrite les anciennes habitations pour les tout premiers peuples Tellems. On se demande comment ils faisaient pour nicher si haut...
Arrivés à Kani Bonzo, même rituel, on salue le chef du village.

Les femmes et enfants du village passent des heures
à piler le Mil, la base de la nourriture du pays.
La matinée est bien entamée et il commence à faire
très chaud, on fait demi tour jusqu'à Kani Kombolé puis on marche direction
Téli, une troisième village dogon.
Seuls au monde...
En chemin, on fait une pause sous un arbre et c'est là qu'on rencontre un homme très gentil et très marrant qui commence à nous parler. On ne comprend rien car il ne parle pas français alors Sidiki, notre guide joue le traducteur.
A un moment, Max sort de son sac un spray anti moustique. L'homme parait un peu effrayé par l'objet et demande au guide ce que c'est. Là, Sidiki lui fait croire dans sa langue que c'est un liquide un peu dangereux (je ne me souviens plus exactement ce qu'il lui a dit). L'homme commence un peu à paniquer alors Max tente de lui mettre un coup de spray sur le bras pour lui prouver que ce n'est rien. Et là, il se met à crier et à vouloir partir en courant mais en se relevant, il se prend la branche de l'arbre dans la tête et tombe un peu sonné...
Sidiki lui raconte qu'il lui a fait une blague et Max s'asperge la figure du produit pour lui prouver. Le pauvre il a flippé et il s'est fait mal à cause de nous! Mais malgré tout, il finit par rester un bon bout de temps assis par terre à discuter et à rigoler ensemble pendant que Max lui soigne sa petite blessure au crane avec sa trousse de secours!
Le village de Teli vu de la falaise
Et la falaise de Teli...
Alice qui joue à l'awale avec un jeune du village
Après une pause dej, on reprend la marche pour les derniers km jusqu'au prochain village : Ende
Sur la route d'Ende
On arrive finalement à Ende en fin d'après midi, assez morts par tous les kilomètres parcourus alors on tient pas longtemps debout. Tant pis, pour découvrir le village, on attendra demain...
Premier jour au pays dogon
Nuit pas très confortable dans le bus et on arrive vers 10h à Sévaré, la ville de départ des circuits pour le pays dogon. Evidemment, en sortant du bus, tous les guides nous tombent dessus. On est tous crevés et la première chose qu'on fait en sortant, c'est poser nos sacs par terre et nous etaler dessus!
Seul Max est operationnel et on lui confie à l'unanimité la tache de nous trouver un bon guide parmi tous ceux qui sont la pour un bon prix et sur un bon circuit!
Et il mène sa mission à la perfection puisqu'il nous trouve Sidiki qui nous emmène pour un petit trip de trois jours à 25 000 CFA (soit presque 40 euros) pour taxi + nuits + repas. C''est un très bon prix et on s'en rendra compte quand plus tard, on rencontrera 2 francais qui pour 7 jours auront payé 350 000 CFA!)
On part avec Sidiki chez sa famille pour y poser nos gros sacs et ne partir qu'avec un petit sac à dos. 2h30 de taxi plus tard (9 dans un taxi!), nous voilà à Djiguibongo, un petit village dogon très mignon dans lequel on mange un bout puis on se ballade pour voir les maisons très typiques.
On part ensuite pour Kani Kombolé, un autre village dogon dans lequel on dormira. La marche de 5km du premier village à l'autre est vraiment magnifique. On dirait les paysage du Roi Lion! C'était 2h de marche vraiment supers sauf qu'à la fin, il fait nuit et le chemin n'est pas facile dans le noir... (on doit traverser des rivières et descendre des petites montagnes.
On est quand même contents d'arriver et de pouvoir se poser. L'endroit ou on dormira (chez l'habitant, enfin, sur son toit) est un vrai havre de paix au milieu de la cambrousse et il y a même (grand moment de bonheur)... de la bière fraiche! On traine un peu après le plat de semoule à papoter puis on monte quand même rapidement sur le toit pour dormir. Il y a des moustiquaires pour nous et meme des matelas! grand luxe! on était habitués aux lits de camp tout deglingués...
11 décembre 2008
De Gao au pays dogon
15h ce même jour, on arrive à Gao chez Boubacar. Le trajet en taxi brousse fut lourd... Je suis très triste de ne jamais revoir tous ces petits auxquel je me suis tant attachée pendant ces dernières semaines. Je me dit que je vais bientot retourner à ma vie, retrouver Pars, ma famille, mes habitudes, mon confort et tous les besoins materiels auquels je suis habituée et dont j'ai besoin tandis que eux resteront certainement encore longtemps à Magnadoué. Même s'ils sont très heureux ici et forment tous une grande famille, je ne peux pas m'empecher de me dire que c'est pas juste, que je suis trop chanceuse et que surtout, ils me manqueront...beaucoup!
Arrivés chez Boubacar, ses enfants nous sautent dessus, heureux de nous retrouver mais moi je m'en fiche! Ce ne sont pas mes petits du village! On laisse nos sacs dans un coin sans les ouvrir car on prend le bus de nuit qui nous emmène à Mopti dans le pays dogon. On rentre en France dans 5 jours alors on profite de ce temps libre pour parcourir un peu les terres maliennes.
En fin d'après midi éclate une grosse pluie. On se regroupe tous sous le toit de Boubacar qui goutte un peu partout. Le soir, Boubacar nous reserve une petite surprise. L'une des femmes de son frère nous concocte des petits beignets et on s'installe dans son salon, une petite pièce avec une radio et des fauteuils.
Et là, tout en mangeant des beignets, Boubacar lance la musique a fond : Céline Dion! Il faut savoir que les maliens sont fans de Celine Dion et écoutent tous ses chansons et en ce moment, ils fredonnent tous "sous le vent", sa chanson avec Garou. Et voila qu'on se met à chanter à fond son repertoire pendant un bon bout de temps.
Un peu plus tard, avant de devenir totalement aphones, les frères, cousins etc... de Boubacar arrivent et on change de disque pour mettre la musique à la mode en ce moment au Mali (incapable de dire ce que c'est!) et on danse tous ensemble. La facon de danser des maliens est très étrange... Les pieds à plat, ils bougent les genoux et les bras et soulèvent les talons au rythme de la musique . Moussa danse très bien, c'est très classe et très sexy! C'est tres trippant de les regarder.
1h du matin, il faut penser à y aller. Notre bus part dans une heure. J'ai passé une super dernière soirée. Je suis de très bonne humeur jusqu'à ce qu'au moment de partir, Boubacar vient me voir pour me demander de l'argent... Un peu déplacé comme requete à quelques minutes du départ. Ca nous casse un peu l'ambiance. Avec Alice, on va finalement lui parler pour lui expliquer qu'on ne veut et peut pas donner plus d'argent que ce qu'on a déja versé pour les travaux de l'école.
A la station de bus, cette fois, c'est les au revoir. Ca va etre dur. Pas tant avec Boubacar, mais surtout avec Yehia et Moussa. Aie aie aie, je veux pas les quitter! Yéhia, alias Monsieur Sourire, est de facon sure la personne la plus profondement gentille que j'aie jamais rencontrée. Gentille car il n'y a en lui aucune once de méchanceté, ou d'égoisme. C'est un modèle de loyauté et de confiance. J'aimerai tellement l'aider à réaliser son rêve de venir en France...
Moussa, qui est arrivée après 10 jours est tout aussi adorable. Je l'ai tout de suite adoré. Plus speed, plus deluré et moins timide que Yéhia, il est toujours souriant, prévenant, enthousiaste, plein de vie et d'humour, extremement attachant et en plus très beau! :-)
Nous sommes dans le bus, ils sont là à bouger les mains pour dire au revoir et Alice et moi ne resistons pas à sortir une dernière fois pour leur faire un bisous. Puis le bus démarre... gros pincement au coeur.




















































